Ne nous laisse pas entrer en tentation PDF Imprimer Envoyer

« Ne nous laisse pas entrer en tentation »


Le premier dimanche de l’Avent, à savoir le dimanche 3 décembre, la traduction du « Notre Père » sera légèrement différente. A la sixième demande du « Notre Père », au lieu de dire « Ne nous soumets pas à la tentation », nous dirons : « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Pourquoi ce changement ? Parce que la traduction « ne nous soumets pas » pouvait laisser entendre que Dieu pourrait nous envoyer du mal pour nous tenter… alors qu’en aucun cas Dieu peut être la source du mal. « Que nul, quand il est tenté, ne dise : ‘Ma tentation vient de Dieu’. Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne » écrivait l’apôtre saint Jacques dans son épître (Jc1/13)

Mais, il est intéressant de connaitre l’historique de ces traductions du « Notre Père ».

Jusqu’au concile Vatican II (1962-1965) – les plus anciens s’en souviennent – nous nous adressions à Dieu en lui disant « vous » et, pour cette sixième demande, nous disions : « Ne nous laissez pas succomber à la tentation » et à la messe en latin « et ne nos inducas in tentationem ».

Durant le concile Vatican II, les catholiques et protestants de langue française (auxquels se sont joints les orthodoxes) décidèrent d’avoir une traduction commune pour pouvoir réciter ensemble cette prière du « Notre Père » donnée par Jésus lui-même (cf. Mt 6,9-13 et Lc 11,2-4) et signe de notre unité comme baptisés, à savoir enfants d’un même Père. Cette traduction commune fut en France le premier acte œcuménique de nos Eglises respectives. Les catholiques ne pouvaient donc la modifier que s’il y avait un accord des différentes confessions chrétiennes. Ce qui est le cas après un vote des évêques de la conférence épiscopale française et après un vote du synode de l’Eglise protestante unie de France, en accord avec les chrétiens orthodoxes.

Au début, il ne sera certainement pas facile de dire ensemble cette nouvelle traduction. Ce sera pour nous l’occasion de rompre avec une récitation trop souvent machinale. Ce sera aussi l’occasion de nous souvenir que nous récitons cette prière – qui est un trésor pour l’Eglise – avec tous nos frères chrétiens.

Père Alain ECK